mardi 23 janvier 2018

LA VENUE DE L'EMOTION

Que ce soit devant un tableau ,réellement dans sa totalité dans un musée 
 une reproduction dans une revue 
ou une sommaire projection , 
Il se passe  un mouvement   en soi 
Pas toujours , d'ailleurs 
Daniel Arasse dans "Histoire de Peintures"  (2004) met en branle la pensée et entraîne le lecteur , loin du point de départ d'un simple regard 

"A un certain moment ," la peinture se lève " et suscite alors une véritable émotion , difficile à décrire , il n'y a pas de règle générale
C'est le sentiment qui , dans cette oeuvre  là, il y a quelque chose  qui pense  et qui pense sans mots  
Je suis ( dit il ) quelqu'un qui parle et qui écrit ,ma pensée se fait avec des mots , elle se cherche, s'exprime et une peinture pense de façon non verbale , et certaines peintures m'attirent, me fixent , m'arrêtent  , me parlent comme si elles avaient  quelque chose à me dire 
Or en fait elles ne me disent rien ,
 et c'est cette fascination -là , cette attente, qui m'arrête , me fixe 
Ce n'est pas  le sujet en soi et l'anecdote qu'il sous- tend mais cette puissance silencieuse qui, pour le peintre a un sens et que l'historien interprète ,c'est la force de la composition dans chaque détail au coin du tableau, au choix des variations de la lumière sur la couleur 
Il y a d'abord le choc , la surprise , l'émotion pure qui ne se verbalise pas 
Ensuite , c'est avec le temps , la durée  avec le fait de revenir peu à peu  , un pan de l'intimité du peintre , de son époque ,  au coeur de son oeuvre se révèle "
Choix personnel des images AA
Modigliani  (L'enfant au tablier bleu)
Picasso( La femme bleue - Le garçon  à la pipe)