jeudi 10 octobre 2019

L'ACTE DE PEINDRE ...OU L'INACHEVE

De l'inachevé érigé en acte de peindre , comme chez Cézanne précurseur de cet ancrage dans le paysage et la captation de la poésie du lieu

A l'invitation du Musée Granet d'Aix en Provence à venir travailler sur le motif en 2018 FABIENNE VERDIER conçoit et fabrique un atelier  nomade face à la Ste Victoire 
50  oeuvres grand format sont présentées au Musée Granet à la découverte de l'artiste ,  de son parcours , de sa vision et de sa philosophie 
"Le cerveau du regardeur lit le paysage sans qu'il soit peint  tout entier et c'est à partir de ce concept , de cette notion que j'ai   trouvé un écho en moi et j'ai dédié tout mon travail à cette idée de la  fluidité du réel "
Mais il reste également la lumière et le mouvement 

Enfant à Toulouse , elle était fascinée par le vol des oiseaux et la danse des papillons 
"Je suis allée à 20ans en 1982  au bout du monde pour chercher cette connaissance là , ou Cézanne y était arrivé seul devant la Ste Victoire , en intégrant dans sa peinture l'absence et l'espace..., très critiqué devant l'inachevé , cette modernité n'était  pas acceptable , à la fin de sa vie Cézanne avait compris que le vide , c'est la forme 
Il faut des années de pratiques pour y arriver , et intégrer l'espace et le mouvement comme dans la peinture chinoise 

10 ans de souffrance  d'humiliation et de rejet , des années d'ascèse et de méditation    Fabienne Verdier pugnace, dont  le  caractère fort apparait dans ses oeuvres qui ne sont pas simplement des traits  et de la peinture 
C'est la vie , la respiration qui vibre dans chaque geste 
Le vieux maître la faisait grimper les sentiers , marcher dans le froid et la pluie le vent,  un dur apprentissage ( Lire La passagère du silence)  Chaque élément faisait vibrer la peinture ,alors,
 elle a cessé de lutter pour faire corps avec eux
La discipline par la préparation minutieuse des pinceaux et des bâtons d'encre permet de s'apaiser et met en condition l'artiste à l'acte de peindre et de faire le vide en soi,  et quitter le monde des hommes   Faire des fonds par couches successives , glacis enduits  travail fastidieux mais indispensable à la concentration par la patience  et forment comme  le terreau  de l'oeuvre
l'Eternité de l'instant 



A son retour  10 ans plus tard Elle est désorientée par le format des papiers trop petits, elle note sur des carnets  les mots qui font jaillir un signe , pendant 4 ans elle étudie les maitres flamands, elle cristallise son regard pour trouver la ligne de force chez ces peintres de la renaissance , elle déconstruit et son énergie se communique dans les immenses toiles  afin de retrouver 
"L'unique trait de pinceau " 
C'est une quête spirituelle de tenir les contraires en équilibre 
Le vol des oiseaux 
le corps en mouvement 
elle peint , elle danse et devient corps- pinceau  dans un unique et irrésistible corps à corps 
Ses dernières recherches vont vers la musique  la ligne musicale  , elle entend dans la ligne peinte une sorte de ligne sonore  
Fabienne Verdier respire dans un tourbillon sans fin 
Elle est vivante comme la vie même 

Sa dernière installation en direct devant la Ste Victoire  et son énorme pinceau   
on retrouve ici , devant plusieurs motifs , un modeste   choix les trois sujets forts : la montagne la musique et la ligne de force des tableaux flamands 
J'espère avoir  été fidèle 
Notes prises par ci par là  revues lectures et un  ressenti très fort tout au long des 2h  de visite personnelle  sans contrainte , avec une amie 
La passagère du silence 2003 
Entretien avec Charles Juliet 2007
Les maîtres flamands 2013     et d'autres  ...que je n'ai pas lus

 

1 commentaire:

  1. très beau.. et je crois concevoir un peu ce que fut cette visite-imprégnation
    (encore des lectures que devrais faire)

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