lundi 20 avril 2015

PETITS SOLEILS

Quand les restanques se couvrent d'or ,  des  petits soleil ,fleurettes jaunes sur tiges veloutées argent 


c'est le début des premières chaleurs qui font éclore les "Immortelles"  fleurs sauvages qui aiment les sols rocailleux  Début Juin il fallait   vite  cueillir les tiges en boutons  et  rapidement les lier en bouquets avec une ficelle en boucle car les fleurs continuent à évoluer et  s'ouvrir une fois coupés , Les laisser quelques jours au ras du sol et ensuite les transporter dans les greniers ou terrasses ouvertes , les suspendre sur un fil qui court sous les charpentes en terminant leur naturalisation et devenir archi -sèches et devenir éternelles d'où leur nom d'" IMMORTELLES"
Je cite au passé car oubliées depuis des années , il y a un renouveau de la culture des immortelles pour d'autres projets  ... cosmétiques ,différents des  bouquets et couronnes de deuil
Je transcris les mots d'un Bandolais qui dans son livre savoureux raconte entre autres la richesse des ateliers de préparation des immortelles à Bandol qui faisaient travailler en famille de nombreuses personnes toute l'année ,des cartes postales anciennes font état de cette production  En discutant avec des amis  , l'un deux justement parle de son souvenir d' enfant qui pendant  les soirées entière à domicile avec ses parents , frères et soeurs piquaient les petites fleurs sur la paille des planchettes et comme il a 80ans !, cela n'est pas aussi  loin.. disons les années quarante .( Tout est relatif!!) cette pratique était  donc encore vivace

 Une rue pourtant reste ainsi nommée non loin d'un des ateliers et criées aux fleurs , car il y avait aussi les narcisses Francis Pieraccini parle aussi du secret des paniers d'expéditions et de la teinture des immortelles avec des colorants naturels , car les fleurs servaient à la confection de couronnes mortuaires  aux camaïeux variés en dessins géométriques















Ce travail  était 

très prisé et de Marseille et plus loin encore  il était de bon ton de commander les couronnes de Bandol ( comme un label)

Le support était une planchette en bois recouverte de paille tressée retenue par des fils de fer que les bouquetières spécialisées attachaient en rangs serrés selon la tradition
Un foisonnement de petits détails font de ce livre une  belle mémoire pour les curieux et les anciens 
qui d'une centaine d'années ne peut s'effacer quand un nom  surgit dans la conversation avec une ribambelle de souvenirs à l'appui .Et l'on peut voir encore sur la colline du Mai vers Sicié  ( au -delà de Bandol )des pans de roches couverts d'immortelles  que le vent a implanté naturellement


Cartes anciennes retrouvées AA
Images Internet
Confidences recueillies 
Et la délicieuse lecture de "Ces Toscans là et ailleurs ..." de Francis Pieraccini un ami précieux Géhess Editions   collection témoin

12 commentaires:

  1. C'est très joli tout ce message Arlette, les immortelles sentent si bons dans mon souvenir
    et grâce à vous je comprends pourquoi elles se nomment immortelles...

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    1. Sujet plus particulier et local , c'est en parlant de souvenirs avec des amis de Bandol et du temps qui était autre que le tourisme et les plages de vacances , que j'ai pensé à en faire un écho
      Merci de vous y intéresser aussi

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  2. lire "quand les restantes se couvrent d'or" et se mettre à rêver
    et puis suivre le billet et saluer les immortelles avec amitié

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    1. Joli signe de reconnaissance Salut à toi Belle d' Avignon

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  3. Merci les amis pour cet envoi; que de que de beauté illumine ces pages. Bravo et merci
    pour la belle histoire de notre fleur d'immortelle. Mon grand père maternel avait une
    vingtaine d'employees dans sa fabrique de couronnes et durant la guerre de quatorze
    c'est ma grand mère qui a eu bien du travail pour le remplacer et tenir tête a trois enfants
    en bas age.
    Bises a vous deux et encore bravo
    Pierre G AIMARD

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    1. Merci Mille fois Pierrot pour ce témoignage si précieux que je retranscris en bonne place

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    1. Salut la Cat , Merci de te promener dans mes jardins

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  5. Les Immortelles des sables ont laissé une empreinte dans mon enfance, son odeur s'est approprié un souvenir extraordinaire, je me croyais être seule en cet état de fait et m'aperçois dans ces commentaires qu'elles ont marqué nombre d'entre nous, est-ce cette odeur si caractéristique qui sensibilise les plus jeunes au point d'en garder mémoire, je suis surprise et ce, agréablement, en plus de cette odeur il y a ce bruit de froissement de papier si caractéristique lorsqu'on les frotte les unes contre les autres, sans parler de ce côté emblème de l'été, du sable, des dunes, des vacances. Très belle note Arlette et beaux commentaires.

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    1. L'odeur ... Chère Monique était pour moi enfant signe de mort et disparition ( puisque je vivais à Bandol ) c'est après ,que j'en faisais des bouquets séchés pour le plaisir de ces petits soleil qui restaient longtemps si éclatants
      Merci pour ton ressenti

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  6. Bonsoir Arlette ,
    Quel plaisir d'avoir de vos nouvelles ,merci pour ce travail avec toujours votre sensibilité et votre passion d'artiste .
    Figurez vous , voilà presque 2 ans j'ai été contacté par Var Matin , un journaliste Monsieur Gagneubé(le fils) voulait faire un reportage sur la culture de l'Immortelle . Je l'ai mis en relation avec un ami paysan , Monsieur Joseph Manfredi qui a cultivé l'Immortelle pendant des années , il y a eu un reportage avec 3/4 de page dans Var Matin , Cet article a été lu par diverse personnes du milieu paysan et communal et maintenant la culture prend un nouvel essor dans la Var . L'année dernière Monsieur Manfredi a planté 2000 pieds qui ont été vendus à ces personnes . Il leur a même donné des cours pour préparer les boutures , j'étais présent .
    Je vous embrasse bien affectueusement et mes Amitiés à vous deux .
    Maurice

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    1. Transcription du message de Maurice, ami cher , et sa participation à cet article Merci infiniment

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