vendredi 19 décembre 2014

PARTIR.. REVENIR ...CORRESPONDANCES

Le voyage est un temps suspendu entre deux pensées et le besoin d'écrire vient ensuite 


Il n'y a pas de plus agréable moyen de lire quelques lettres pour découvrir l'intime d'un ami ou d'un artiste loin des  expositions,  catalogues et conférences 
Météore , Prince Foudroyé ...  Nicolas de Staël écrit en 1935 à Vlaminck
Altamira ! Ah! quelle vie intense la dedans , j'ai passé mon mouchoir sur le dessin que je préférais , mais je crois que cela ne veut rien dire que mon mouchoir soit noir, rouge ,ocre Je dessine beaucoup 
C'était la période fauve et tout s'enchaîne dans ses inspirations 
 toute une série dont " les rayons du jour"et cela pendant quelques années
Ou encore cet hommage à Piranèse en 1948  
Lignes , coomposition qu'il surcharge comme un grillage et n'efface rien repeint par dessus il cherche" C'est si difficile la vie ! il faut jouer toutes les notes , les jouer bien , ne pas croire à l'âme , à l'inspiration , oublier les études secondaires , détruire les encyclopédies et faire des gestes simples et bon"Ecrit-il à sa soeur Olga en 1951 
On aperçoit les multiples couches et des points rouges qui structurent la composition 
intitulée "Calme  "ou encore à Paris rue Dauguet  "les Toits"
 
  "Dès que je sens une logique trop logique cela m'énerve et je vais alors vers l'illogisme " 
1952 à René Char et la révélation des footballeurs du Parc des Princes 
"Entre ciel et terre , herbe rouge ou bleue , une tonne de muscles voltigent  en plein oubli de soi avec toute la présence que cela requiert en toute invraissemblance Quelle joie René, Quelle joie"


A chaque fois des séries car , 
" Le contact avec la toile , je le perds à chaque instant et le retrouve et le perds.. "


Le parc de Sceaux et sa vision particulière des arbres et des jardins 
Voilà le rose qui rase au ras  des arbres ça va vite le jour  tout en douceur on pourrait déjà les peindre ...voilà les verts , tout, il met moins de temps à sauter le ciel en l'air "
Dans le train Paris -Avignon  1952 à Françoise de Staël
Je vais essayer les figures , nus c'est le moment que voulez - vous je ne peux peindre des kms de nature mortes et de paysages, ça ne suffit pas " à René Char1953 
Et ..tant d'autres encore  1955 
 "Il faut s'habituer à finir plus sans finir , ce n'est pas facile "
Son dernier concert 
 
L'espace pictural est un mur mais tous les oiseaux du monde y volent librement à toutes les profondeurs

 
 
C'est encore un petit retour vers cet artiste après tant de lectures ,expositions, colloques à la suite d'une dernière conférence ce Mardi par Steve Betti ( professeur diplômé d'Histoire de l'Art et d'Archéologie   à Nice )
 salle Mozart  à Toulon 
que l'idée de reprendre les correspondances entre Nicolas de Staël et René Char , ( 1951 1954 Editions des Busclats 2010)
 et "Lettres"  ides et calendes 1998)
En me servant entre autre du magnifique catalogue du centre Pompidou lors de l'exposition 2003
Voir aussi Blog -Spot 14 Juin 2014 "Retour au figuratif à Antibes "
et hier Le Monde "Images -imagine" avec un poème de Colette Muyard
et peut - être d'autres encore...sans vouloir être trop longue pour une lecture de blog qui se doit d'être légère  AA

8 commentaires:

  1. MERCI
    ah les correspondances d'artistes !
    et surtout ah De Staël !
    (belle première photo aussi, qui donnerait presque à l'arapède que je suis une envie de voyage)

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    1. Il est bon de s'éloigner parfois pour apercevoir les choses de plus loin.. sous un autre angle , un peu comme les retours sur des lectures ou des tableaux
      Les arapèdes ont une farouche énergie

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  2. c'est vraiment magnifique

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    1. Bonjour et Merci pour votre passage attentif

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  3. Les rencontres avec de Staël quelles qu'elles soient sont toujours d'une grande émotion, d'une émotion toujours recommencée

    merci Arlette pour ce cadeau

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    1. C'est si vrai et je découvre toujours autre chose ...d'intangible

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  4. La profondeur de champ de la plupart des tableaux de Nicolas de Staël est sidérante.
    (le champignon lumineux voyageant à travers bois me ravit)

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    1. Souvent une recherche d'expression devient un style et la superposition des couleurs sans rien renier donne un rendu subtil , pratique" voulue" déjà à la Renaissance
      Les voyages sont aussi source d'inspiration
      Merci Tilia du haut de ton Grenier

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